1er Mystère douloureux : L’agonie de Notre Seigneur au jardin des oliviers
Fruto del misterio: Contrición por nuestros pecados
Lors des apparitions de Paray-Le-Monial (1673 – 1689), Jésus est venu demander entre autres de nous unir régulièrement à son agonie au jardin des oliviers au moyen de l’Heure Sainte. Il sait que pour connaître son Cœur si aimant il faut en effet le rejoindre dans cette terrible agonie. Mais qu’est-ce qu’une agonie ? Ce sont les tourments qui précèdent la mort. Le corps de Jésus agonisera sur la croix mais son Cœur agonisera au jardin des oliviers. “La agonía de Getsemaní es la del corazón, la sangre que corre en el Huerto es la sangre que brota del corazón". dira Saint Alphonse de Liguori. Cette épreuve, Jésus la vivra dans son humanité. C’est son Cœur humain si bon, si pur, si doux, qui luttera et sera broyé avec comme unique motivation son amour démesuré pour nous. Là est la gloire du “Sacré-Cœur“ et voilà pourquoi Jésus veut être honoré con su corazón humano visible sur les statues et les tableaux. Contemplons maintenant les souffrances de Jésus. Elles auront, entre autres, trois formes particulières.
Agonie d’horreur devant les péchés du monde qu’il porte.
A cette heure, le Christ se charge de l’ignominie de tous les péchés du monde, comme s’il en portait lui-même la responsabilité. Lui, l’être le plus pieux, se voit chargé des plus atroces blasphèmes. Lui, l’être le plus charitable, se voit portant des massacres les plus cruels. Lui, l’être le plus pur, se voit chargé des péchés de la chair les plus ignobles. Ce gouffre entre Sa sainteté, la délicatesse infinie de sa sensibilité et la laideur des péchés des hommes se ruant sur Lui crée une souffrance indicible. Comme l’enseigne Saint Thomas d’Aquin, une telle douleur aurait suffi à Lui donner la mort ; mais le Christ retint librement sa vie pour aller jusqu’au sacrifice de la croix.
Saint Alphonse de Liguori décrit ainsi cette heure terrible de Jésus : "Él debe expiar nuestros pecados en nuestro lugar; debe, por tanto, tomarlos sobre sí como un vil vestido arrastrado por el fango; debe ponérselos y, ante su Padre, cargar con toda la responsabilidad de ellos, como si él los hubiera cometidoḿ. Esta es la hora de los poderes de las tinieblas. Jesús está arrodillado en el suelo pedregoso del huerto de la agonía; de pronto, desde el pasado y el futuro lejanos, como se oscurece de pronto el horizonte cuando estalla la tormenta, ve precipitarse todos los pecados pasados y futuros: le abrazan, le salpican, le sumergen, olas horribles y cenagosas, contra las que ni siquiera intenta luchar; sólo inclina la frente y se sonroja; él es el pecador, él es el pecado."
Non qu’Il devienne pécheur – car il demeure l’Innocent – mais Il accepte d’en porter tout le poids. Oh mon doux Jésus, au milieu de cet assaut du mal, vous avez revêtu mis propios pecados. Oui, à cet instant, vous m’avez vu, moi, en train de vous salir, de vous écraser. Que cette vision terrible de ce que je vous ai fait personnellement m’inspire une immense humilité et reconnaissance à votre égard pour que je me jette à vos pieds avec une sincère contrition, implorant votre pardon.
Agonie de peur face à la souffrance et la mort. Jésus voit avec précision le supplice qui l’attend. Il voit la flagellation, plus de mille coups qui vont lacérer son corps et le vider de son sang ; il voit la couronne d’épine s’enfoncer dans sa tête et le défigurer ; il voit l’humiliation de la nudité ; il voit la haine de la foule ; il voit les clous traverser ses nerfs ; il voit l’abandon de ses apôtres. Tout cela le saisit d’une frayeur humaine réelle face au supplice imminent. Ce n’est pas une faiblesse : c’est la vérité du mystère de l’incarnation : Jésus, vrai Dieu, mais aussi vrai homme. Enfin, il voit sa Mère au pied de la Croix, son Cœur Immaculé transpercé de douleur. Cette vision le terrasse. Il sait qu’en acceptant sa mission rédemptrice, sa Mère sera entrainée avec Lui dans la Passion. Et comme son Amour filial est parfait, cette douleur l’atteint au plus profond de son Cœur. Cependant, au milieu de ces tourments, son Amour pour nous demeure plus fort. Il accepte le calice, si telle est la volonté de son Père.
Agonie de l’âme, dans la tentation et la nuit. Une autre douleur intérieure vient s’ajouter. En effet, si les apôtres dorment, Satan veille. Et il tente Notre Seigneur, cherchant à le faire abandonner : pourquoi souffrir à ce point, puisque tant d’âmes refuseront son Amour et se perdront ? Dans son agonie, le Christ voit les âmes qui iront en enfer pour l’éternité, non parce que l’offrande de l’Agneau serait insuffisante, mais parce qu’elle pourra être librement refusée par certains. La douleur de voir ainsi une multitude d’âmes se précipiter en enfer le plonge dans une nuit effroyable. Cette vision, écrase son Cœur, car il aime tous les hommes sans exception. Alors, à quoi bon poursuivre ta mission, lui souffle Satan. Mais, comme au désert, il ne cède pas à la tentation. Il ne cède pas au désespoir. Saint Alphonse décrira cette souffrance de l’âme de Jésus : “Alors, du fond de son corps meurtri et las, du fond de son âme abreuvée de honte, montent les lâches conseils de la tentation. Pourquoi souffrir pour effacer les péchés que tu n’as pas commis ? Pourquoi essayer de guérir l’âme humaine si vicieuse qu’elle reviendra au mal malgré toutes les douleurs du Calvaire ? Et le Christ voit très nettement la parfaite stérilité de ses douleurs pour des êtres sans nombre ! Pourquoi aimer si follement des hommes qui l’ignorent et le blasphèment ? Pourquoi ? Pourquoi ? (…) Le plus dur de son agonie au Jardin, c’est la certitude où il est que sa peine sera perdue pour les damnés et que sur eux retombera son sang : donner son sang pour sauver et, par son sang, perdre ceux que l’on aime, voilà le comble du supplice pour le Cœur de Jésus, voilà, au fond du calice, plus amère que la crucifixion elle-même, la lie que le Sauveur doit boire.“
Face à cette agonie du Cœur de Jésus, nous pourrions être tentés de nous rassurer, en la considérant comme un moment passé, désormais lointain. Or, sur le plan mystique, cette agonie demeure actuelle. De même que, dans la Sainte Eucharistie, Jésus renouvelle de manière non sanglante l’unique sacrifice de la Croix, de même les nouveaux péchés des hommes, qu’Il a déjà portés dans son agonie, en manifestent l’actualité permanente. Un saint prêtre, le père Charles Parra écrivait : “Il agonise aujourd’hui pour moi par mes péchés d’aujourd’hui, qu’il a connu, dans leur dernier détail, avec leur nombre et leur gravité au Jardin de Gethsémani.“ Le Sacré Cœur est apparu à Paray-Le-Monial pour nous demander de participer à ces souffrances de son agonie. À cela, nous pouvons voir deux raisons : d’une part, Gethsémani fut le moment le plus douloureux de toute sa Passion et la plus haute expression de son amour ; d’autre part, Il veut que, considérant nos propres péchés portés par Lui, notre cœur soit broyé par le regret en communion avec le sien et que nous demeurions à ses côtés pour réparer. Voilà pourquoi Il nous demande de nous associer à son agonie en veillant avec Lui lors d’une “Heure Sainte“, chaque veille du premier vendredi du mois.
Cette contrition de nos péchés est le fruit de ce mystère. Prenons garde à l’absence de contrition, en se disant que ce n’est finalement pas bien grave et qu’on aime quand même Jésus. Cette attitude relève du “péché contre l’Esprit Saint“ qui n’est pas pardonnable car justement on ne demande pas pardon et Dieu ne peut forcer notre liberté. On retrouve cela dans la notion récente de “miséricorde automatique“, qui consiste à croire que le pardon de Dieu est acquis quoique nous fassions. C’est un terrible piège qui fragilise progressivement notre volonté. À quoi bon faire des efforts puisqu’on va tous au ciel de toute façon ? Cela permet de s’enfoncer dans le péché, la conscience tranquille et l’âme se dirige progressivement vers l’enfer sans s’en rende compte, suprême ruse de Satan. Bien-sûr, Dieu veut donner sa Miséricorde à tous les hommes sans exception. Mais tous ne l’obtiennent pas car cette Miséricorde dépend justement de notre contrition sincère. Contrition et Miséricorde sont inséparables. On ne peut comprendre la splendeur de la Miséricorde de Dieu qu’à la lumière de ce qu’elle Lui a coûté : la terrible agonie du Cœur de Jésus et son sacrifice sur la Croix. Saint François de Sales expliquera que "cualquier amor que no se origine en la pasión del Salvador es frívolo".
Le second aboutissement de cette méditation doit être la contemplation de l’Amour de Jésus qui s’offre pour nous dans l’agonie de son Cœur. Toute la grandeur de la Rédemption s’exprime ici. Dans ses terribles tourments au jardin des oliviers, comme sur la Croix, l’Amour indomptable de Jésus pour nous est omni présent et à la racine de tout. "En la Redención por la Cruz, es el amor el que lo controla todo: infinitamente más que la satisfacción de la justicia divina, que quiere que el pecado sea castigado, está el Amor de Dios, que quiere que los hombres, todos los hombres, se salven. Todo este Amor de Dios vibra y palpita en el Corazón de Nuestro Señor". nous dit Saint Alphonse de Liguori. Oui le regret sincère et profond de nos péchés doit s’accomplir dans un acte de confiance dans l’Amour et la Miséricorde infinie de Jésus. Jetons-nous en pleurs comme un petit enfant dans ses bras et confions-nous à son Cœur. Alors, Il brûlera tout le mal que nous Lui avons fait et nous élèvera vers son Père.
Para concluir, repitamos con san Alfonso de Ligorio esta oración: “Mon Jésus ! quand je considère mes péchés, j’ai honte de vous demander le Ciel [de vous demander votre Miséricorde ndlr], après y avoir tant de fois renoncé en votre présence pour des plaisirs indignes et fugitifs. Mais, quand je vous vois attaché à cette croix, je ne puis m’empêcher d’espérer le paradis, sachant que vous avez voulu mourir sur ce gibet douloureux pour expier mes péchés et m’obtenir le bonheur céleste que j’ai méprisé“.
Régis de Lassus
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