1- Origine du Rosaire
« Le Rosaire a été institué sous inspiration divine par Saint Dominique» [1170-1221]
Pape Léon XIII, Supremi Apostolatus Officio, 1er aout 1883.
De multiples faits historiques l’attestent. La Reine Blanche de Castille, n’ayant pas eu d’enfants au bout de douze ans de mariage, reçut en 1212 la visite de Saint Dominique qui lui recommanda de réciter une prière alors inconnue : le Rosaire. Elle suivi son enseignement, fit fabriquer et distribuer des chapelets et en 1214 donna naissance au futur Saint Louis. Ce bon Roi fut le premier à réciter le chapelet quotidiennement.
Par la suite de multiples papes, attestèrent l’origine du Rosaire, ce qui conduisit Benoît XIV (1740 – 1758) à écrire : «… tant d’oracles des souverains pontifes, de Léon X, de Pie V, de Grégoire XIII, de Sixte V, de Clément VIII, d’Alexandre VII, d’Innocent XI, de Clément XI, d’Innocent XIII, de Benoît XIII et d’autres encore, tous unanimes pour attribuer à saint Dominique l’institution du Rosaire … »
2- Structure du Rosaire en trois chapelets
2-1 L’enseignement unanime des papes
Urbain IV
En 1236 il écrivit : « Il est un rite pieux selon lequel, contre les dangers que court le monde, on récite l’Ave Maria autant de fois qu’il y a de psaumes de David, [150 ndlr], en faisant précéder chaque dizaine de l’Oraison dominicale. Avec notre autorité́ apostolique, nous approuvons ce psautier de la Vierge. »
Saint Pie V
En 1569, il fixa définitivement la forme du Rosaire par la bulle Consueverunt romani Pontifices, dans laquelle il dit très clairement que saint Dominique l’a apporté à l’Église « … un mode de prière, appelé́ Rosaire ou psautier de la bienheureuse Vierge Marie, qui consiste à honorer la bienheureuse Vierge Marie par la récitation de 150 Ave Maria, conformément au nombre des psaumes de David, en ajoutant à chaque dizaine d’Ave, l’Oraison dominicale et la méditation des mystères de la vie de Notre Seigneur Jésus-Christ. »
Léon XIII
Il rappelle dans Lætitiæ sanctæ (8 août 1893) que les « trois causes principales du désordre des peuples trouvent leurs remèdes dans les trois séries de mystères. »
Paul VI
Lors du concile Vatican II, des détracteurs voulurent modifier le Rosaire et Paul VI refusa énergiquement :
1973 « Le chapelet doit rester unique dans sa forme et inchangé par rapport à ce qu’il est actuellement. »
2-2 La lettre apostolique de Jean-Paul II
En 2002, Jean-Paul II signait une lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae. Beaucoup de confusions ont été faites sur cette lettre du pape et il est utile de rappeler plusieurs choses importantes :
- Il ne crée aucune obligation car une lettre apostolique relève de la libre appréciation des fidèles et il le rappelle dans sa lettre.
- les Mystères Joyeux concernent la vie du Christ de son Incarnation jusqu’à l’institution de l’Eucharistie. La tradition nous a apporté les cinq mystères que nous connaissons, portant sur le vie cachée de Jésus, mais l’Église ne les a jamais figés. Des prédicateurs, dans les siècles passés, ont fait des méditations sur d’autres passages de la vie de Notre Seigneur.
- Les thèmes des mystères n’étant pas figés, Jean Paul II a suivi cette pratique et a proposé de méditer des passages de la vie publique de Jésus les appelant “lumineux” pour les distinguer des mystères de la vie cachés de Jésus.
- Il n’a jamais indiqué que la structure du Rosaire était changée et qu’il fallait dire 200 “Je vous salue Marie“. Preuve en est qu’il n’a pas modifié la structure du Rosaire dans le répertoire officiel publié par le Saint Siège, L’Enchiridion Indulgentiarum dans lequel la structure en 15 dizaines est toujours conservée.
Les fidèles sont donc libres d’ignorer ces mystères, ou de les méditer dans les mystères Joyeux, ou de faire un chapelet à part dans la semaine avec ces thèmes ou même de choisir d’autres passages de la vie de Jésus.
2-3 Fatima : la grande confirmation de la structure du Rosaire par la Sainte Vierge Elle-même
Le 13 octobre 1917, après avoir dit que son nom était Notre-Dame du Rosaire, la Sainte Vierge montra aux petits voyants trois tableaux représentant les trois séries des mystères du Rosaire :
- la Sainte Famille, illustrant les mystères joyeux ;
- Notre-Dame des Douleurs, avec à côté d’elle Notre Seigneur illustrant les mystères douloureux ;
- Notre-Dame du Mont-Carmel tenant dans sa main un scapulaire, illustrant les mystères glorieux.
Puis, le 10 décembre 1925, la Sainte Vierge confirmera de façon certaine la structure du Rosaire. Lors de son apparition à Sœur Lucie de Fatima pour les “1er samedi du mois“ Elle demandera de méditer pendant quinze minutes « sur les quinze mystères du Rosaire en esprit de réparation »
2-4 Les nouvelles prières appelées “chapelets“
Depuis quelques années sont apparues de nouvelles prières prenant l’appellation de “chapelets“ (par exemple le chapelet de la Miséricorde). Le terme employé étant aussi “chapelet“ cela peut prêter à confusion.
Il convient donc de bien distinguer le chapelet du Rosaire demandé à Fatima avec ces nouveaux “chapelets” qui sont sans liens avec Fatima. A Fatima, la Saint Vierge a bien demandé exclusivement la récitation du chapelet du Rosaire en particulier pour les 1ers samedis du mois.
3- Synthèse du sens spirituel de la structure du Rosaire en trois chapelets
Le sens de la structure du Rosaire est incroyablement logique et a plusieurs aspects. On peut noter entre autres :
- Les trois chapelets sont en l’honneur des trois personnes de la Sainte Trinité.
- Ils sont une méditation sur les trois mystères du salut : incarnation, rédemption, vie éternelle
- Ils illustrent les trois états de l’Église : mystères joyeux / Église militante, mystères douloureux / Église souffrante, Mystères glorieux / Église triomphante.
- Ils sont composés de 150 “Je vous salue Marie“ comme les 150 psaumes de David ; ces psaumes font partie du Bréviaire des prêtres et le Rosaire est ainsi une sorte de bréviaire des fidèles.
- Entre la 1ère apparition de Fatima (13 mai 17) et la dernière (13 oct. 17) il y a exactement 150 jours.
Conclusion
Le Rosaire, composé de 150 “Je vous salue Marie“ répartis en trois chapelets, donné à Saint Dominique au XIIIème siècle a été confirmé par les papes et la Sainte Vierge Elle-même à Fatima. Sa structure en 150 “Je vous salue Marie“ n’a jamais été changée ni par le Ciel, ni par l’Église. A Fatima, la Sainte Vierge a demandé la méditation sur les « quinze mystères du Rosaire », (joyeux, douloureux et glorieux montrés à Fatima) et nous devons donc respecter fidèlement sa demande.